SMS + Email = 95% expression écrite.
Simplifions notre langue avant que
nos enfants ne l'oublient.
Réforme de la langue française
Est-il normal qu'à l'heure actuelle, un élève de seconde sur trois soit incapable d'écrire sans faire moins de deux fautes par ligne (verbe, adjectif...) ? Et que 56% d'entre eux auraient écopé d'un zéro pointé à la dictée du brevet de 1988 (selon une enquête d'enseignants du collectif Sauver les lettres en 2004) ?
Pire : une étude publiée en 2003 par le British Journal of Psychology a testé le niveau de connaissance orthographique des enfants de l'enseignement primaire dans plusieurs pays d'Europe. Chacun a dû écrire, dans sa langue maternelle, des mots courants comme «heure», «voir», «air», «femme», «vent», «idée» et «monsieur». Les petits Grecs, Finlandais, Italiens, Espagnols, Allemands, Norvégiens, Suédois et Néerlandais ont tous commis moins de 10% d'erreurs. Leurs camarades francais ont fait beaucoup moins bien avec 21% de fautes.
Selon une enquête de 2007, le déclin de la maitrise du français s'est accéléré ces vingt dernières années au niveau de l'orthographe et de la conjugaison notamment (emploi de l'adjectif, du verbe...) : de nos jours, les collégiens ont environ deux années scolaires de retard sur ceux de 1987 (en français, pas dans les cours langues étrangères). Le niveau en orthographe et conjugaison chute irrémédiablement au fil des ans. Ce n'est en aucun cas la qualité de l'enseignement qui est à remettre en cause mais plutôt l'adaptation de l'école à la société. Elle s'est en effet enrichie de nouvelles disciplines qui n'étaient pas enseignées auparavant, comme l'informatique ou les cours langues vivantes. Conséquence ? Moins de temps a été consacré à l'orthographe.
L'école doit s'adapter à la société comme elle l'a fait jusqu'à présent, orthographe et conjugaison sont de moins en moins maitrisées par les élèves : on peut soit abandonner certaines matières, comme les cours langues vivantes, et rajouter des heures de francais, soit simplifier notre belle langue en réformant l'orthographe et certaines règles grammaticale. Faut-il donc simplifier l'orthographe, et faire disparaître toutes les difficultés gratuites de la langue française (consonnes doublées sans que cela ne se sente à la prononciation, exceptions à la règle, accord de l'adjectif, formes du verbe...) ?
«L'histoire et l'étymologie se dessinent derrière notre langue», expliquait le linguiste Alain Bentolila : c'est vrai, les fossiles sémantiques abondent mais il faut choisir entre une langue qui fera office de musée de notre patrimoine et une langue pratique et maitrisée par tous. Où place-t-on nos objectifs ? Nous considérons qu'une langue a vocation a être utilisée c'est pourquoi une réforme du francais s'avère nécessaire.
Il est de loin préférable que 95% des élèves puissent écrire sans fautes d'orthographe, plutôt que 85% seulement dont 20% qui maitrisent parfaitement conditionnel passé et subjonctif passé.
Luttons contre la fracture linguistique
Simplifier orthographe et conjugaison devient donc une nécessité, et pas seulement pour que chacun puisse écrire correctement dans sa langue. En effet, plusieurs raisons militent dans ce sens. D'une part le fossé qui se creuse actuellement engendre une fracture sociale, un peu à l'image du fossé que le latin a creusé au XIXe siècle. C'était en quelque sorte une discipline de luxe qui générait une discrimination sociale. Les grandes écoles scientifiques imposaient une version latine, lors des concours d'entrée afin de pouvoir contrôler l'origine sociale des candidats.
De nos jours, c'est l'orthographe qui devient progressivement une pratique de l'élite. D'autre part, cette discrimination exclut certaines catégories de la population pour lesquelles les règles de la langue française ne s'assimilent pas aussi rapidement que pour les autres, en dépit de l'enseignement similaire (dyslexiques, élèves étrangers qui apprennent le francais...). Il est injuste qu'un élève dyslexique ait entre 4 et 12 fois plus de chance de se retrouver au chômage qu'un élève normal parce que notre système éducatif accorde une valeur inconsidérée à la maitrise du subjonctif passé, de l'orthographe et de la conjugaison en général.
Comment réformer la langue française ?
Il faut donc faire évoluer l'orthographe et les règles grammaticale (notamment celle qui portent sur l'adjectif et le verbe). Pour ces règles grammaticale, on pourra d'une part supprimer certaines exceptions à la règles (rétablissons par exemple l'accord du participe passé avec verbe avoir quelque soit la place du COD) et d'autre part réserver l'apprentissage des règles grammaticale dans sa globalité aux élèves qui se seront spécialisés dans des études littéraires ou d'étude des langues. Subjonctif passé et conditionnel passé ne sont pas d'un usage très courant : cessons d'en imposer l'apprentissage systématique à tous les élèves, même ceux qui ne ont du mal à écrire sans faire de fautes. Il faut revoir d'urgence nos priorités.
Si la langue française n'évolue pas, elle disparaitra au profit de l'anglais et du langage sms.
L'orthographe et les règles grammaticale françaises n'ont pas à être considérées comme des objets de culte et de prestige. Cherchons plutôt à faire en sorte qu'elles ne deviennent pas l'apanage d'une caste cultivée, mais un outil indispensable de l'écrit que chacun se doit de maîtriser.
Une simplification de l'orthographe bénéficierait considérablement aux élèves. La perspective n’est pas simplement de rendre cet apprentissage plus aisé, mais surtout de fournir, à l’avenir, aux francophones de tous âges et de toutes conditions un outil de communication écrite plus performant, moins discriminant socialement, et contribuant à réduire la fracture linguistique constatée aujourd’hui.